samedi, 29 novembre 2008

November, you Make me Shiver

A peine pris la peine de poster quelques photos sur l’élection de Barack Obama dans mon pays d’accueil, et même pas quelques lignes. Maintenant ça semble un peu daté de parler du 4 novembre ; le délai entre l’élection et l’investiture (20 janvier… je serai dans un avion ce jour-là me semble-t-il… tropical…) crée une grande tension dans le pays, l’administration Bush a encore deux mois pour sévir… Et elle ne loupe pas l’occasion.
En tout cas la journée du 4 novembre, et la nuit qui l’a suivie, peut-être même le reste de la semaine, furent un moment d’une rare magie dans un pays de 300 millions d’habitants. Dans ma grosse ville électrifiée, tous les cœurs ont vrombi à l’unisson vers 10h, et des moments intenses de liesse ont pu être partagés. Je me souviens surtout de cette belle black dans le métro qui me ramenait à Brooklyn, qui tenait son fils assoupi sur ses genoux, et qui avait le visage de quelqu’un qui s’en revient de la guerre ou d’un long combat, mais dont les traits sont surtout marqués par l’espoir et le soulagement… C’est le plus beau visage que j’ai trouvé pour décrire New York et l’Amérique à ce moment.

Mais tout le mois de novembre a été teinté de féerie, l’arrivée du grand froid donnant envie à tout le monde de chaleur dans les cœurs. C’est avec cette chaleur que tout le monde s’activait à cuisiner sa dinde de Thanksgiving. Pour ma part c’est Christine qui m’a invité dans sa famille, dans un quartier perché sur une colline du Connecticut, incroyablement calme, vaste et belle. Toute cette famille créole a été incroyablement gentille, adorable, drôle, et merci à eux d’avoir partagé l’esprit de Thanksgiving avec moi ! (Merci aussi à mon pote PA d’exporter son Beaune domaine Darviot-Perrin à New York, ça a fait sensation… « Voici un petit vin de France délicieux, c’est un ami à moi qui le cultive… Voyez, là, c’est son nom sur la bouteille ! »)

L’emploi du temps s’effrite à Wagner, de moins en moins de cours à l’approche des fêtes, on prépare les derniers exams, on note nos profs et on fait la fête.
Mon taff au TNC c’est autre chose, après m’avoir confié d’énormes responsabilités complètement démesurée pour un stagiaire immigré comme moi, j’ai décidé d’aller voir ailleurs pour le prochain semestre, je vous tiens au courant… Ca a été en tout cas l’expérience d’une vie, car dans ce complexe de théâtres et galerie qui vogue vers un plan de rénovation car il est un peu (un peu ?!) désorganisé aujourd’hui, je me suis essayé à des exercices qu’on aurait rarement confiés à quelqu’un de mon expérience… Genre faire le budget de l’entreprise !! « Overwhelming », that’s the word ? Du coup je ne me suis jamais senti aussi à l’aise en anglais qu’après une telle immersion.
Et puis j’ai décidé de dire F*** au TNC après un dialogue étrange avec Crystal, la directrice historique :

Crystal: Today is Black Friday (l’énorme journée de soldes après le jeudi de Thanksgiving), did you hear a guy working at Whole Mart was trampled to death when he opened the store at 5am?

Me: No way? Oh my… You American really go crazy when it comes to shopping…

Crystal: What do you French have lessons to give us?? You capitulated in Nancy!

Me: Uh…: Does this have anything to do with what I…

Crystal: France has nothing to teach us! You’re as bad as anyone! (Fin)

Comme on dit chez nous, Whatever !

Et ainsi de suite, mille rencontres, joies, découvertes et surprise en ce beau mois de novembre. Je file croquer la pomme de Noël, la folie de X-Mas s’empare depuis ce fameux Black Friday de la ville… Décembre arrive et sa hotte est chargéééée de plaisirs…
En trois mois de new yorkisme, le cœur finit par chavirer over the sea et je pense qu’il faudra m’arracher un bras pour me faire quitter la ville en juillet… But I’ll be back anyway…

mardi, 04 novembre 2008

Gorgeous Fall

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Un automne plus en pamoison que le printemps, oui, mais à New York ces couleurs sont bien plus éphémères encore que dans d'autres régions comme en New England, il faut donc en profiter avant que tout ne... blanchisse! (et oui, prochain article : bateille de neige à Central Park !)
Bizarre alchimie de la pigmentation des végétaux. La forêt dans laquelle baigne le Wagner College sur Grymes Hill ne rougît apparemment que quelques jours ! Vu que j'y suis rarement, espérons ne pas louper ça.



*** Jour d'élection ***

Avec à la clef un rappatriement en France (ou pas d'ailleurs) si la clef du scrutin n'est pas à la hauteur de ce dont les USA (et le monde...) a besoin...

dimanche, 02 novembre 2008

21 ANS, DU STRASS ET DU SANG

21 YRS OLD, GlAM'nBLOOD!


Comme il me l’avait été promis et comme je l’attendais sagement, ce 31 octobre 2008 a été « a total blast » !

Du jour à la nuit à l’aube, chaque centimètre carré de NYC vrombit au cri de la fête, de la joyeuse folie.

1PM mise à l’envers du théâtre, transformation en salle de bal, de cabaret, scène en plein air. Début des festivités, je chope au passage un déguisement de façon complètement aléatoire mais finalement très réussie. L’après-midi commence en musique avec les groupes de la scène extérieure, qui accompagnent la tombée de la nuit.

3847575.jpg7PM Je passe d’un village à l’autre, de l’East au West, rejoins Alice , Paola et Magda pour quelques heures d’immersion dans l’euphorique et monstrueuse parade qui déboîte la 6è avenue dans tout le sud de Manhattan.
Première séance shopping dans un liquor store, passage à la caisse « How old are you ?? Show me you ID » (tendant ma carte) « Well guess what??!!» « Oh Jeez! You fuckin’lucky!! »
“Hi, it’s my birthday, Happy Halloween everyone!”
C’est la liesse. Petite séance cadeau, Champaaaaagne merci à Elizabeth!

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10PM Retour au TNC, bien qu’un peu éméché je prends les commandes des lumières dans un des cabarets, et accompagne les « artistes » ( !) jusqu’à minuit, heure du concours de costume, les filles me rejoignent. Le bal continue tard dans la nuit…

Un 1er novembre à 11h : on se lève avec un gros mal de crâne, retrouve les acolytes (un peu moins alcooliques que la vieille) pour un brunch polonais dans un jardin. Et on se rappelle qu’Halloween, au-delà d’une nuit d’orgie, c’est aussi la consécration des couleurs uniques de l’Amérique l’automne, panache rougeâtre qui fait que la saison n’est pas moins belle et pittoresque que l’été, l’hiver et le printemps.

Le week-end va se prolonger avec un peu de détente, puisque les cours du mardi sont annulés, et pour cause…
ELECTION DAY…

Merci d’ailleurs au Français qui ont répondu à 95% « Barack Obama » à la question « Quel candidat souhaiteriez-vous voir élire le 4 novembre ? » (cf. le site du Monde). Merci de savoir choisir pour les autres… Mais pas pour vous ! D’ailleurs le couple le plus glamour de Paris s’est apparemment offert une escapade new yorkaise en octobre, en plein milieu de la crise financière. Je ne l’ai pas croisé… Nous ne fréquentons pas les mêmes endroits, je crois.

Encore un grand merci à tous : la banane géante, les milles dieux et déesses égyptiens, la p*** de la jungle (Pao !!), la rock star écorcheuse de dalmatiens, Blanche Neige et son papa pas très rassurant, Crystal ma directrice sexagénaire en chaud lapin rose, d’ailleurs tous les autres gros animaux en peluche qui ont dû avoir très chaud, à mes nouveaux grands-parents, à cette pouffiasse de travelo qui m’a engueulé pour la lumière alors que j’ai fait tout comme il faut, les chirurgiens ensanglantés (surtout un qui avait fait ça proprement), à tous les mecs qui ont réussi à porter leurs lentilles customisé toute la nuit (parce que moi non), à la police parce que finalement eux aussi étaient en costume, aux pompiers car y'avait du boulot, à toutes les filles qui ont fini pas avoir un peu froid vers 4h du matin avec leur costume principalement fait de leur propre chair (Pao!!!!), à Nate car ton micro était effectivement branché et que tu me gaves, à mes collocs que j'ai pas vu mais ils font plaisir quand même, aux serveurs polonais qui ont la gueule de bois le 1er novembre et qui sont absolument hors d'état de travailler (ça permet de réduire la case pourboire à l'addition), au parc de Brooklyn au bord de l'East River parceque c'est parfait pour se remettre de son "hangover", à tous les gens avec qui j'ai délirer dans la rue, dans la Womb Room et la Ball Room du TNC (les percussionistes féministes! Elles frappent fort et ça fait bouger!), à tous les artistes qui ont essayés d'être drôle sur scène même si ça a rarement marché (tout le monde était bourré, ça comte pas)


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Petite dédicace à cette Fridah Kalo qui semble comme venir me chercher pour m'emmner dans son Amérique latin... Mais ! Mon billet pour Rio, c'est pour le Nouvel An, pas pour Halloween ! Aaaaah, chaque chose en son temps ;) Le plus beau des cadeaux!!!

lundi, 20 octobre 2008

Silent Dance in Union Square

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Depuis bien longtemps, Union Square est connu pour être le point de départ des demonstrations, les manifestations des américains pour toutes les questions politiques ou sociales. On peut donc la comparer à la Bastille ou la Place d'Italie parisiennes. Mais tout comme la Bastille, Union Square est un lieu de regroupement des jeunes venus exhiber leur look et confronter leurs tendances vestimentaires... et parfois comportementales. J'y passais simplement prendre le métro vendredi soir vers 18h, quand je me suis dit que du haut de mes (presque!) 21 ans, je commençais à me faire vieux et ringard : j'aperçois une grande foule d'une moyenne d'âge de 17 ans agglutinée devant la statue, après tout, comme d'hab, sauf que ce jour-là ils étaient bien silencieux... Et pourtant ils remuaient tous dans tous les sens, se déhanchaient en bandes. C'était une Ipod Party ! Chacun avec ses écouteurs pluggés dans les oreilles, chacun sur son rythme et sa musique ! Ca évite les éternels conflits "techno ou rap ? dance ou hip hop ? rock ou électro ?", et ça permet à ces jeunes américains à la pointe de la mode de s'amuser en silence. Une fête bien déroutante, j'avais déjà entendu parler de boîtes qui avaient tenté l'expérience où chacun vient avec son lecteur MP3, mais je n'avais vu cet exercice de style, pratiqué par d'aussi jeunes fous, certainement tous lycéens.
Je fais quoi moi ? Je rentre dans la danse où je fais mon déjà-blasé ? Bon allez, la prochaine fois je m'immisce dans le cercle!

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Kundera et les vendeurs dans la rue...

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Voici mes tous premiers Milan Kundera en anglais. Il me semble avoir presque tout lu de lui, certes c'est un auteur praguois qui a récemment commencé à écrire en français, mais étant de fait mon romancier/essayiste contemporain fétiche, il me semblait que le lire traduit en anglais valait la peine. Je suis tombé sur Slowness, un roman de 1995 que je n'avais même pas encore lu en français (La Lenteur, j'imagine), au hasard sur mon chemin entre le métro et le théâtre, ce dimanche. Il était sur l'un de ces nombreux étalages de rue, qui proposent, selon le business du vendeur, pléthore soit de bijoux, de bonnets, de peintures et photos, de meubles, de T-shirt I Love NY ou I Love Obama, ou encore, en l'occurence, de livres (obviously). Je m'empare direct du bouquin, 7$ que je tends à la vendeuse, en lui racontant (certains dimanches, on est plus spontané que d'autre) gaiement que c'est mon premier Kundera en anglais, que je l'ai lu en français, que d'ailleurs même s'il a commencé par écrire en Tchèque, il écrit maintenant en Français, et pour me remercier de ma bonhomie, "Wait a minute I'll give you something", elle sort d'un carton sous la table un autre livre de Kundera, Immortality, qu'elle m'offre gracieusement, simplement en reconnaissance de mon bon goût (ça va j'déconne), comme pour se faire complice de ma découverte.

Ca me rappelle un moment que j'ai partagé avec Alice, alors qu'on se baladait pour la première fois sur la 125è rue (l'artère de Harlem, où on trouve notamment l'Apollo Theater, la mythique salle de concert qui a accueilli toutes les légendes du jazz), et qu'on jetait un oeuil sur le stand d'une vendeuse de la musique d'ici (Jazz, Soul, Funk, R'n'B...), celle-ci se déhanchant de manière particulièrement communicative sur Back in Love Again de LTD. Outre le fait que je contemplais un des CD (d'humbles CDs gravés à 5$, juste pour le charme d'acheter la musique de la 125è sur la 125è quoi...) de Candi Staton, j'étais en train de fumer une cigarette (obviously, on est dans la rue, qu'est-ce que je pouvais faire d'autre?), ce qui fut la cause d'un grand émoi chez la vendeuse (pourtant il me semble avoir vu pas mal de Duke Elington et autres Louis Armstrong clope au bec, enfin les temps changent, et je ne suis pas un Duke ni un Louis), qui me sort elle aussi son "Wait a minute I've got something for you!". Et là, elle me tend une feuille (recto en anglais, verso en espagnol, obviously) d'une hôpital du coin qui énumère tous les produits toxiques contenu dans une cigarette industrielle, et me fait un long speech au sujet de mes poumons et du reste, très concernée par ma santé. Alors que j'allais donc acheter un CD de Candi Staton et la remercier pour ses conseils anti-addictifs, elle me tend une compil, "125th Streets Classics" et me l'offre. Effectivement, toute cette zik rythmée (dont LTD) m'aidera certainement à arrêter de fumer!

Bref, c'était juste un autre exemple d'un "deux pour le prix d'un" dans la rue, qui prouve qu'il suffit d'être sympa et un peu bavard avec ces vendeurs en tout genre pour qu'ils s'avèrent très généreux.
Ce qui me fait aussi penser au personnage de Clifford, dans la pièce The Treatment de Martin Crimp que je vient juste de lire. Quand son porte-monnaie l'y oblige, Clifford descend sur Canal Street pour vendre sa vaisselle de famille. Sans pourtant qu'on ne l'écoute, Clifford aime re-raconter toute sa vie aux passants qui s'arrêtent à son stand. Les vendeurs de rue sont tous des Cliffords, ils ont simplement envie de papoter un peu !

dimanche, 19 octobre 2008

FallBreak[Boston]/Internship[Theater4theNewCity]/Home[RoofFall]

FRENCHIES’ GETAWAY IN BOSTON


Grâce à « Colombus Day », une des holidays célébrant la fondation de l’Amérique, une petit week-end prolongé mi-octobre, le Fall Break, Alice, Paola et moi avons décidé de partir découvrir Boston (re-découvrir pour ma part, puisque j’y avais déjà mis les pieds quand j’étais un expatrié de 8 ans. Mais je ne garde de ce voyage-là que le souvenir d’avoir affligé mes parents lorsque nous avons mangé dans un restaurant panoramique et que j’ai redécoré les fauteuils. Bref, passons…). Voyage à moindre coût : les chinatown bus (bus opéré par les chinois, pour les chinois, depuis les quartiers chinois) sont beaucoup moins effrayant que ce que l’on a pu nous raconter, et le voyage se passe sans tumulte, si ce n’est qu’il faut 2 bonnes heures pour simplement sortir de la ville de New York… Normal ! Donc Aller-retour pour 30$, et hébergement chez l’habitant : Allan, étudiant de la Boston University (et membre de la Rowing Team, l’équipe d’aviron, comme moi quand j’avais 13 ans sur le lac d’Enghien-les-Bains !), nous accueille dans ce charmant (mais petit !) studio du 15, Commonwealth Avenue, en plein cœur de la ville.
L’état du Massachusetts, plus généralement la région de New England, bénéficie du climat du nord de l’Est américain. Comme au Canada, l’automne est un Eté indien, ce qui a pour principal atout la couleur : comme dans les pubs pour Schwarzkopf Color, les arbres rougissent, roussissent, orangissent, jaunissent, et toute la ville et la campagne s’affublent de ce magnifique panache rouge-orangé-ocrâtre (Pac la coloriste n’y trouverait pas une seule « faute de goût » dans la palette de dame Nature !). Cela donne à l’automne une atmosphère particulièrement chaleureuse, et permet à la population de s’épanouir au mois d’octobre. Il faudrait importer ces couleurs et cette chaleur en France, pour changer de la grisaille moite de nos mois d’automne-novembre, pendant lesquels tout le monde se prépare assidûment à devenir un dépressif hibernateur !...
Bref, nous avons profité de ces quelques jours comme de vrais vacances, en déconnection complète avec notre bulle new yorkaise, même si Boston est finalement un petit New York, avec ses petits gratte-ciel/financial district, ses petits quartiers portuaires, sa petite mégalopol’mania quoi ! Ville de fondation, des premiers « settlers » européens, la ville garde largement un goût du Vieux continent. Au programme des Frenchies, évidemment, beaucoup, beaucoup de marche. Les incontournables du monde étudiant : visite du Massachussets Institute of Technology et de Harvard. Harvard est effectivement une grande ville d’étudiants d’élite, impressionnant. Grâce à notre hôte, nous nous sommes incrustés dans des soirées étudiantes, passé une bonne nuit de folie décadente en compagnie de jeunes Bostoniens surexcités. En fin de séjour, finalement, une journée de visite de Salem, la « Witch City », quoi de mieux en ce mois d’Halloween ! Salem est mondialement connue pour être la ville qui a pendu/torturé/brûlé un nombre impressionnant d’hommes et surtout de femmes pour crime de sorcellerie. C’étant en fait une des folies de la population extra puritaine du XIXè, dans une quête éperdue de boucs émissaires. La ville est maintenant une grande attraction touristique, dont nous avons profité en nous y rendant par Catamaran à grande vitesse. Une grosse journée de délire en déambulant parmi tous les attrapes touristes pas très sophistiqués mais très très marrants de la ville. Maisons hantés, reconstitutions des « witch trials », les procès de sorcière, essais de déguisements en tout genre,… On a joué le jeu comme des gosses !!


THEATER FOR THE NEW CITY

De retour in The City, je suis enfin convoqué pour un entretien dans le théâtre que j’avais visité il y a quelques temps, l’institution Off-Off Broadway du Lower East Side (ou plutôt East Village, les frontières sont floues). Je rencontre Crystal Field, directrice artistique du lieu depuis 30 ans ( ! ), je vend mes talents dramaturgiques et managériaux de mon mieux, et je commencer illico-presto à travailler avec elle. C’est bon, j’ai dégoté mon stage, trouvé ma place !
Côté administratif, je vais participer au Development du lieu. Dans les entreprises culturelles américaines, qui ne sont pas subventionnées par l’argent public comme en France, le terme développement fait référence à la course effrénée de la quête de fond. Argent privé, quelque fois public tout de même, le fundraising est la mission clef des directeurs culturels ici. Non seulement pour trouver de l’argent afin de faire fonctionner la machine, mais aussi pour positionner son institution sur le marché et dans la communauté. Pour ma part et pour l’instant, essentiellement deux aspects ; tout d’abord, le théâtre entame un grand projet nommé « Capital Project », volonté de rénover l’architecture de ce lieu, beau et original, mais effectivement un peu vieillissant.
Le théâtre est articulé, sur ses deux niveaux, autour d’un lobby/ galerie d’exposition, depuis laquelle on accède aux quatre petites salles de spectacle. La galerie, en libre-accès, libre-déambulation et libre-squattage, est très agréable, offrant mille choses au regard, entre l’architecture irrégulière, les nombreuses œuvres exposées, et les fresques du sous-sol. Bref, le plan de réaménagement prévoit de repenser un peu cette galerie, pour mieux la consacrer à ses expositions, et de moderniser les salles de spectacle. Et aussi, le projet « Green Roof » : rendre les toits possédés par le théâtre plus accessibles, et en faire des espaces verts, des poumons écologiques réchauffant les lieux l’hiver et les rafraîchissant l’été.
Autre projet du nouveau directeur du développement (qui commence en même temps que moi), une sorte de consortium avec les théâtres du Lower East Manhattan, qui ont pour point commun de dater des grandes mutations sociales des 60’s-70’s, et de se concentrer sur des questions politiques et sociales de leur société américaine… Notamment le Living Theatre, un des théâtres qui figurera probablement au cœur de mon mémoire de Master. Bref, le TNC réfléchit actuellement à cette association en vue de postuler à un fond public de la ville de New York qui vient d’être débloqué pour les matières d’éducation (les établissements culturels américains bénéficient de l’exemption de taxe au titre de l’ « éducation », justement) et développement des publics.
Je vais donc me frotter à toutes ces questions cruciales dans mon stage au TNC, mais aussi participer à toutes activités de la maison. Et pour l’instant, c’est la préparation d’Halloween ! Je vous parlais dans la précédente chronique de la parade du 31 octobre dans le West Village, et c’est justement le TNC et Crystal Field qui l’ont créée, et dirigée pendant trois ans, il y a moult années j’imagine. Le programme du 31 octobre auquel je participe est énorme, scène de concert dans la rue, pièce en extérieur, et grouillement de cabarets et d’activités pittoresques au sein du théâtre ! Certes je vais donc travailler le jour de mon anniversaire, mais je pense que ça vaut largement le coup…

Je travaille donc trois jours par semaine au TNC (et bien souvent le week-end), continuant d’assister à mes cours au Wagner le mardi et le jeudi. Rusty, le tuteur de mon « Independant Study », est très content pour moi, et a tout de suite accepté de faire compter ce stage dans mes crédits à la fac (et même, si ça vaut le coup, de me permettre de devenir stagiaire à plein temps au second semestre). On a d’ailleurs entamer nos programmes de sorties au théâtre ensemble, ce qui me permet de le rencontrer en dehors de son bureau du campus, et de passer de très bons moments en sa compagnie. Rusty est le directeur de la section Dance du Theatre Department au Wagner, c’est un ancien danseur d’une troupe assez hallucinante, avec laquelle il a fait le tour du monde il y a quelques années (quelques, ou plus en fait…).

LA PAGAILLE A RIDGE BOULEVARD

Notre charmant et tranquille appartement de Bay Ridge semble en ce moment traverser quelques zones de turbulences, rien de bien grave, mais quelques incidents amusants. Craig, le peintre du Nebraska, nous a donc quitté la semaine dernière pour rejoindre sa bien aimée dans sa région natale, et nous avons accueilli Shawn, photographe de Denver, en espérant qu’un atelier de photo soit moins bordélique qu’un atelier de peinture ! Cf. les photos du déménagement de Craig, et le dégoulinement de sa déchetterie d’artiste partout dans le salon. Pittoresque !
Quand je suis rentré de Boston, Patricia la vénézuelienne, me prévient de faire gaffe sous la douche, le plafond semble accoucher. Ca ne manque pas. 10 minutes plus tard, elle pousse un cri d’enfer, j’entends un gros carnage, le plafond s’est répandu partout dans la baignoire, et la petite salle de bain verte semble bien moins harmonieuse que d’habitude. Cf. photos du sinistre.
Notre immeuble est équipé d’un chauffage centralisé à eau (ou à vapeur, enfin je sais pas comment on qualifie ça, c’est comme ces gros chauffages à tuyaux dans les salles de classe)), et ce samedi matin je me rend compte que l’embout de celui de ma chambre fait un petit bruit de cocotte-minute. Ne sachant pas encore que c’est normal, je manipule un peu l’objet, qui siffle de plus en plus et fait instantanément chauffer à fond la bête (normal, j’évacue l’air, donc la machine se charge de vapeur et chauffe… Mais mois j’arrêté la physique en seconde, j’en sais rien), et le vissant dans le mauvais sens, il explose, et le radiateur se transforme en énorme Kärcher/Vaporetto qui transforme ma chambre en sauna et arrose mon lit. A 8h du mat voilà Pchemek* et Patricia, qui, réveillés par le carnage, arrivent dans ma chambre, essaye de revisser l’embout, mais c’est impossible car la pression est trop forte, et en plus ça brûle ! Finalement Pchemek en vient à bout et me donne quelques consignes de base pour utiliser cet horrible chauffage… (J’ai pas de photo, pour le coup c’était un peu trop l’urgence !)
Enfin, pour me réconforter quand je sors la tête par la fenêtre pour fumer ma clope (Shh ! Personne ne le sait !), je me suis fait deux nouveaux amis à la fenêtre du 3 étage, deux petits chats qui ne cessent de m’épier. Je trouve ça mignon mais tout de même un peu inquiétant, ces deux créatures qui me dévorent du regard, et qui font leur apparition à quelques jours d’Halloween… Ce qui semble petit et mignon pourrait bien s’avérer être une nouvelle malédiction sur ma demeure… Cf . Photos des charmantes bêtes.

*Oui, mon colloc polonais que j'avais présenté comme se prénommant Mike n'utilise en fait ce surnom qu'au bureau. J'écris son vrai nom comme il se prononce, Pchemek, en fait ça s'écrit Przmelvska, ou quelque chose comme ça. J'étais super géné quand il me l'a dit et que je lui ai fait répété 15 fois son prénom car je ne comprenais pas. Bref.

samedi, 04 octobre 2008

O-C-T-O-B-E-RRRrrr


Après avoir déserté mes chroniques à la fin du mois de septembre, je reviens ici baptiser le mois d'octobre, qui ne sera pas des moindres dans mon aventure East Coast... Puisque ce sera le mois de mon anniversaire ! Double, si ce n'est quintuple évènement :
-Le 31 octobre, je vais célébrer mes 21 ans, âge de la majorité absolue aux Etats-Unis. A moi l'entrée inconditionnée dans tous les temples de la fête à New York! Après trois mois de frustration et de contournement de la loi, je pourrais en toute sérénité arpenter les institutions des nuits new yorkaises... Ouf !
-Le 31 octobre, c'est évidemment Halloween... Et les cieux (enfin mes parents) ne se sont pas trompés en choisissant cette date, puisque c'est évidemment un jour de fête incontournable en Amérique. On le sait depuis quelques années en France, puisque l'on a importé toutes ces traditions mercantiles autour du bonbon et du déguisement. C'est d'ailleurs effectivement le principal trait d'"All-Allows Eve" (racine lointaine du nom de la fête, veillée où tout est permis avant la journée des ancêtres) dans les banlieues, la quête des friandises pour les enfants. Mais à New York, Halloween, c'est tout autre chose qu'une sucrerie pour enfants futurs-obèses : la veillée est ici entièrement consacrée à la folie des plus grands (d'où l'intérêt d'avoir mes 21 ans ce jour-là), et aux dires de tous, aucun étudiant ni travailleur ne transige à la règle de la démence du 31 octobre. Le 31 octobre, c'est avant tout une sorte de techno parade gigantesque dans les rues de Manhattan, principalement dans les quartiers délurés d'East et West Village. Une parade qui transcende la nuit, où tout est permis... Il va donc falloir s'armer de créativité pour nous élaborer un attirail digne de ce nom pour se fondre dans la masse...
En somme, un mois d'octobre sous le signe de l'attente d'un double évènement... l'excitation se fait sentir!

Plus sagement, j'ai pris le temps d'arpenter pas mal des musées de notre ville. Si New York est riche, le premier signe ostensible de se richesse, c'est de toute évidence ses musées et ses galleries, et il ne tient qu'à moi de ne pas en laisser échapper une miette... Incontournable MoMA, plus intimiste Brooklyn Museum, loufoque New-York (tiret d'époque) Historical Society,... Les pièces les plus interressantes pour moi sont celles
qui racontent l'élaboration d'une ville-monde comme celle-ci.
La semaine prochaine, grâce à la trève de Colombus de Day, Paola, Alice et moi partons entre Frenchies explorer d'autres contrées. Avec notre hôte Charles (déniché sur Hospitalityclub.com), nous investissons pour le week-end la ville de Boston, Massachusetts. Pour la conquérir, on a choisi le moyen de transport le plus économique, et certainement le plus aventureux : les bus chinois. Ces compagnies effectuent des liaisons en bus entre les chinatowns respectives des différentes villes de la côte Est. Vu leur popularité grandissante, ces lignes sont de plus en plus sures, ceci-dit paraît-il qu'elles restent encore la promesse d'un voyage plutôt animé ! J'ai même entendu dire que certains chinois, trop fidèles à leurs traditions, ne se retenaient pas de cracher même à l'intérieur du bus... Hmm! De toute façon, en tant que voyageurs, on a tous les trois un grand goût du pittoresque.

A part ça, les cours sont toujours aussi animés au Wagner College, entre la danse, la management, le "mouvement", la mise en scène et mes cours de français. J'ai pas mal arpenté East Village, entrant de-ci de-là dans les petits théâtres nombreux qu'héberge le quartier, et à l'occasion fait la connaissance spontanée de quelques énergumènes interressants qui y travaillent. J'ai déposé quelques CV, je vais essayer de faire un peu de volontariat/stage dans l'un de ces théâtres Off-Off Broadway (de petite capacité et de programmation "alternative"), en espérant que ça marche ! Du côté pas du tout Off-Off mais complètement In-In, j'ai assisté au premier spectacle du Wagner : la comédie musicale "Annie Get Your Gun". Une comédie en bonne et due forme, avec prestations de groupes tout sourire en parfaite symétrie, chansons et narration d'une niaiserie navrante. Avec un peu de recul je préfère simplement en rire ! Si les étudiants sont souvent très talentueux en danse ou en chant, je ne suis toujours pas du tout convaincu de l'art Brodway-sque auquel ils se consacrent... Mais dans le courant du mois vont commencer mes sorties au théâtre avec Rusty (le prof de danse), on va voir ce que ces Américains ont d'autre à proposer! Dans un autre registre, Matthew, un étudiant en Music&Administration de ma classe de Management a quant à lui pour mission de m'emmener aux concerts de la nouvelle
scène new yorkaise. Avec plaisir! A noter au passage une autre pièce que j'ai vue au Wagner, As Bees In Honey Drown, qui elle relevait du "Straight Theatre" ("théâtre pur", par opposition à la comédie musicale, et non pas théâtre "hétérosexuel" comme on pourrait le comprendre !), dans laquelle Victoria, une des élèves comédiennes qui me touche le plus, a confirmé son talent dans un rôle à
sa mesure, celui d'une femme mégalomane-suceuse de sang dans le milieu du showbiz.

Nous sommes actuellement en cours de recherche d'un nouveau colocataire, car le seul véritable Américain de l'appart, Craig le peintre, s'en retourne dans son Nebraska natal, pour des raisons sentimentales. Il va me manquer ! Il était vraiment tranquille, ses peintures égaillaient l'appartement, et j'adorais papoter avec lui. Pour l'instant nous n'avons reçu que des visites de non-américains... On risque donc de devenir une colloc entièrement immigrante, c'est normal, c'est Brooklyn, c'est Bay Ridge ! Bon Week-end à tous ! Après un vendredi consacré à l'obtention d'un numéro de sécurité sociale (l'administration américaine, ça aussi c'est pittoresque), visite de musée, exploration d'Harlem et d'El Barrio, Strawberry Margharita et Big Ribs, le week-end s'annonce tout aussi chargé de joies et découvertes...

PS: je suis actuellement en pleine convalescence... Cette semaine, j'ai été touché par un très grave virus qui circulaient vaillaiment dans les couloirs du Wagner... Fièvre, maux de tête, de gorge et fatigue, symptomes d'une petite épidemmie dans notre communauté, certainement lié à l'humidité de ces derniers temps. Facile de l'attraper, dans ces cours de mouvements, avec ce professeur coké qui nous fait transpirer à outrance en nous frottant incessement par terre ! Vive l'hygiène... Mais je vais mieux!!

samedi, 13 septembre 2008

Hello, Goodlookin'! Hey there, What's Cookin'?



Singing in the rain
Comme je vous l'avais annoncé, l'hurricane Hanna (et non pas Isabel, on remercie Alice pour la précision. Alice c'est mon amie, et non pas le nom d'une autre catastrophe climatique) a frôlé nos côtés new yorkaises samedi dernier. La torpeur tropicale a cédé, se transformant en une averse d'une dixaine d'heures, laissant tomber sur le sol de Manhattan au moins 25cm d'eau. Et comme l'a si bien décrit Alice ("Djo, mouillant joyeusement à Manhattan..."), ce n'est pas à moi que ça a déplu. Armé d'un ridicule petit parapluie, j'ai trempé toute la journée entre Greenwich et East Village, arpentant les rues, affrontant l'eau et le vent, d'abord dans Chinatown, où l'excitation asiatique face à cette mousson urbaine rivalisait avec la mienne. Alice, aussi téméraire que moi (voire plus, elle n'avait pas de parapluie...) m'a accompagné dans cette exploration d'un New York qui explose sous la pression du ciel. Ca m'a rappellé ce motif récurrent du film Shortbus (je sais...), où l'on voit New York implosé sans cesse, sous le coup de la foudre, de l'electricité. C'était mon petit remake à moi ! On a profité de l'agitation pour resquier toute la soirée et trinquer de nombreuses margaritas malgré nos 21 ans pas encore acquis. De toute façon, nos amis étudiants sont bourrés (!) d'adresses et d'astuces pour contourner cette limite d'âge complètement arbitraire qui restraint l'accès au bar et à l'alcool. Je n'ai donc pas besoin d'attendre mon 31 octobre pour commencer à arpenter les bars, restos, deli et coffee shops de la cité. Pour l'instant, j'avoue toujours revenir à l'Art Bar (Greenwich, 8th Ave @14th Street), ce bar où j'avais retrouvé Tatiana lors de ma première soirée à NYC, le 16 août, avec ses petits délices à boire et à manger, son ambiance tamisée, ses murs de brique rouge, ses fresques d'Andy Warhol, et ses gros canapés à l'ancienne.

Le lendemain, exploration du quartier Dumbo (District Under the Manhattan Bridge Over), entre les deux principaux ponts qui relient Brooklyn à Manhattan. Quartier de galleries d'arts et théâtres investis dans d'anciens entrepôts industriels, de charmantes résidences à la londonienne, et surtout, de parcs magnifiques sur les berges de la East River donnant une vue imprenable sur l'autre côté de la rive... Et aussi un petit restaurant mexicain charmant où Alice et moi avons approfondi nos connaissances de l'espagnol et du brunchito mexicanos. Un seul regret : arrivé si tard dans l'été pour ne pas plus profiter de milles et uns espaces verts de New York !

La leçon française...
J'ai commencé à dispenser mes cours de prononciation/conversation/acclimatation, de français quoi, à de tous petits groupes d'étudiants, plus ou moins débutants en français. C'est plutôt drôle, je ne pensais pas que ça serait un tel sport que de devoir animer une heure durant la bouche de petits américains volontaires, mais quand même un peu lymphatiques. Alors je les fais parler, chanter, déclamer, répéter, j'essaye de leur foutre la patate un max histoire qu'ils décollent un peu ! J'ai déjà eu des retours de Nathalie, la prof de français, assez positifs sur mes prestations... Pourvu qu'ils ne s'ennuyent pas !

A part ça, mes cours se passent toujours très bien, je m'acclimate aux méthodes américaines, qu'elles soient physiques ou pédagogiques. Mes deux journées de cours, mardi et jeudi, sont très serrées, j'ai cours de 9h30 à 19h30. Ce qui fait que généralement, après ces journées, je n'ai guère le courage de rentrer à Brooklyn, et je reste à lézarder/délirer sur le campus, avec Paola, Alice, et avec les amis qui nous nous y faisont. Mentionnons notamment Jess, une québécoise d'origine, avec qui nous formons une excellente French-speakers team. Jess fait partie de l'équipe de natation du College, c'est certainement une de nos meilleures nageuses, que nous ne manquerons pas d'encourager lors de ses compétitions. Jeudi soir, soirée french-speakers, c'était la Sushi Night chez Alice, sur Staten Island. Le lendemain, resto italien en compagnie des amies de Jess pour son anniversaire. Et...
Aujourd'hui, samedi 13, c'est "Homecoming day". Au programme, le premier match de football (américain) de l'année, dont d'ailleurs je suis en train de manquer le début...
Et le reste de la journée, c'est grosse fête sur tout le campus, on nous a décrit ça comme quelquechose d'assez monumental ! J'y couuuuuurs !

Toutes mes excuses, je n'ai pas grand choses à vous raconter sur la journée commémorative du jeudi 11 septembre... L'ayant passé dans mes salles de cours, de sport et de danse, je suis passé à côté des cérémonies, que ce soit celle du campus, ou celle qui avaient lieu sur le site même de Ground Zero. Mais toute la journée et la nuit, un énorme faisceau de lumière émanait de Ground Zero, jusqu'à très haut dans le ciel, jusqu'à ce que les nuages l'avalent. Ce faisceau très impressionant était visible de n'importe où aux alentours de la ville... Effectivement, quand on regarde mes photos prises depuis tous les points de vue que l'on peut avoir de la ville, on se rend bien compte qu'il manque quelquechose dans les grattes-ciels de Downtown. Le World Trade Center dominait largement le financial district. J'avais d'ailleurs fait la connaissance d'un étudiant espagnol en archi, qui est stagiaire dans l'entreprise chargé du projet du nouvel édifice qui tiendra la place des tours jumelles, projet qui s'annonce pharaonique et passionant.

Rusty (mon tuteur en "parcours libre"...) m'a remis un coup de pression pour mon programme de visites et de spectacles new-yorkais! Ca ne devrait pas tarder à commencer... La charge de homework pour chacun de mes cours commence à s'accroître, et il va falloir faire preuve d'un peu d'organisation, face à toutes ces lectures qui me demandent un peu plus de temps puisqu'elles sont en anglais...

Voilà, je file désormais dans mes habituels métro/bus/pattes vers le Wagner College, afin de profiter de ce très grand moment de l'année sur le campus... Bon week-end à tous !

samedi, 06 septembre 2008

There's something in the air...

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Avant d'avoir ouvert un journal et été renseigné par Alice, je me disais bien qu'il y avait quelque chose d'électrique et d'excitant dans l'air...
C'est Isabel!
L'Hurricane Isabel, après avoir frappé la New Orleans (de façon moindre que la dernière catastrophe qu'a connu cet Etat), vient chatouiller la côte Est. Rassurez-vous (pour moi), la tempête touche actuellement la Caroline du Nord et le Massachussets (Boston). Mais on la sent quand même bien ici ! La chaleur est tropicale, étouffante, ça vente dans un sens puis dans un autre... C'est la révolution climatique !

Que nenni, je file profiter des joies de la City...

Restez sages, ou les cieux vous le feront payer!!

Brooklyn vs. Wagner


Voici une semaine très remplie, semaine d'intégration Wagnérienne et d'exploration Brooklynienne qui ne m'ont guère laissé le temps de venir ici en raconter les fragments exquis.

1) i lOOOOOOve Brooklyn.

La troixième chambre de l'appartement de Ridge Blvd vient de se libérer samedi, me permettant de l'envahir et bonne et due forme. Avec à la clef un cession extra-ordinaire de vadrouille/débrouille au fin fond de Brooklyn. Pour équiper une chambre le temps d'une année, je me suis tourné vers les boutiques de la Salvation Army... Tout un tas de meubles très funky et en plutôt bon état parfois, à des prix outrageusement bas. 30$ pour mon lit, 30$ pour une commode quasi-neuve, 20$ pour une grosse table grise monolithique très 70's. J'aurais bien poussé un peu plus loin le chargement, seulement, Jimmy ne pouvait pas mettre tout ça dans son van, et de toute façon, il était fatigué, de mauvaise humeur,
et ne m'aimait pas car je ne suis pas assez "Ghetto". Jimmy est un vieux "delivery guy" avec qui j'ai passé deux heures délicieuses jusqu'à ce que l'on monte toutes mes affaires chez moi. Effectivement, je ne suis pas très "Ghetto", mais je ne me suis pas laissé faire par ce vieux râleur qui voulait m'arnaquer. Il a suffit de lui hurler dessus en répondant à un de ses hurlements pour qu'il cesse de se la jouer "Ghetto".
Mais vu le découpage actuel et changeant du très grand borough de Brooklyn, je comprends assez bien le comportement de ce type qui est né ici il y a au moins 50 ans. Avant, Brooklyn était pour la plupart de ses quartiers "infréquentable", c'est-à-dire bien sûr violent et assez pauvre. Aujourd'hui, on peut se ballader partout, de jour comme de nuit, de façon très agréable et très sure. Aucune crainte de se faire agresser dans la rue, puisqu'il n'y a presque plus de délinquant, et ce, grâce à la politique anti-criminelle de l'ancien maire notamment, Guliani. Je ne me suis pas encore beaucoup informé sur ce grand "nettoyage" des quartiers chauds de New York (Harlem aussi, j'y ai d'ailleurs passé une super nuit dimanche dernier, chez des hispaniques vivant au dernier étage, donc possédant le toît, d'un immeuble de Harlem), mais il semble évident que cette sécurisation consiste surtout en une émulation immobilière, et un flagrand embourgeoisement des quartiers. Quand Jimmy m'en parlait, il estimait que tous les changements survenus à Brooklyn était fondés sur l'ethnicité. Brooklyn est à la base un quartier d'étrangers. Si les quartiers proches de Manhattan sont certes cosmopolites mais très branchés et blancs (cf. le très en vogue quartier Williamsburg, très "hippster" (le hippie moderne, notre Bobo quoi!)), les quartiers comme le mien (Bayridge) sont beaucoup plus monochromes. Le mélange se fait tout de même aux intersections ! Mais, notamment, la 5è avenue est presque complètement mexico-portoricaine, tandis que la 6è est carrément asiatique. J'adore m'y ballader, à toute heure de la semaine, c'est absolument folklorique et ça fait voyager un peu...
Après ces considérations un peu politisées, Brooklyn est de toute évidence un endroit génial, hyper-varié, avec le dynamisme de New York sans l'étouffement qui peut exister entre les grattes-ciels de Manhattan. Grandes rues de "brownhouses" (ces maisons urbaines britanniques avec le petit escalier auquel on ne résiste pas à l'envie de s'y asseoir); grands parcs plongeant sur l'Atlantique, la baie, Manhattan; quartiers "So Crazy, So Pretty" hypers-actifs au coeur de l'attention, avec théâtres, bars boîtes et restos à outrance; et enfin, quartier comme le mien, en plein renouveau mais pas encore sujet à une énorme explosion, où la vie est si agréable... Je n'ai pas encore pris de photos de toutes ces atmosphères plus difficiles à saisir que des paysages, mais je ne manquerais pas de m'y exercer prochainement.

2) The American Campus experience : Crazy Waaaaaaaaaaaag(ner)

Une semaine d'immersion dans ce petit village sur la colline, cet éden pour les 2300 étudiants qui vivent ici dans une communauté qui répond à toutes les images que l'on peut se faire d'un campus américain à travers les films, récits.
Tout d'abord, pour commencer par le moins trash, parlons un peu de mes cours. J'ai d'abord été carrément déconcerté par la section théâtre, très ancrée dans la pratique du commercial/musical Broadway show. En témoignent les auditions pour Anny Get Your Gun, la première comédie musicale de l'année, 20 rôles pour 300 candidats... The struggle ! Dans le format conforme des auditions de ce type, alignements de sourires Freedent, petite chansonnette de 30 secondes accompagnée au piano. Malgré un énorme fou rire (difficile à dissimuler), je me suis tout de même demandé si je ne m'étais pas complètement planté d'endroit. Moi qui avait choisi New York pour de toute autres choses que j'avais eu l'occasion de croiser dans mes trois premières années d'études, j'étais un peu déboussolé. Mais après avoir passé la semaine à me bâtir un programme de cours et de parcours libre, j'ai réussi à retrouver un peu la trace de ces noms qui m'avaient attirés : les héritages de Jerzy Grotowski, du Living Theater, de John Cage, bref, des gens qui avaient mis le feu aux pratiques théâtrales dans les années 60 à 80, et qui ont encore une influence vivante. D'autant plus que j'ai un mémoire à rédiger à l'issue de cette année de Master 1 pour Lyon, même si je vais bien sûr prendre le temps de découvrir ce que recelle vraiment les joies du Musical Theater, c'est plutôt vers ces thèmes de recherche que je me tournerai. Voici donc mon programme de cours:
-Management & the Arts, avec Pr Todd Price, qui fait fureur. Un cours assez participatif, où j'ai souvent l'occasion de passer pour un extraterrestre lorsque l'on me demande de comparer le système français et américain... Si je le veux, ce cours pourrait être l'occasion d'effectuer un stage dans un théâtre new yorkais au second semestre.
-Movements for Performers : sans doute le cours le plus fou et le plus incroyable de mon programme. Deux heures d'échauffement, étirement, et acrobaties ininterrompues pendant lesquelles un professeur cocaïné s'évertue à nous faire accéder à la théâtralité de nos corps. Le but ultime du cours sera d'accéder à des formes de cirques, acrobaties et clowns, pour interpréter le Midsummer Night's Dream de Shakespeare. Mon corps a mis deux jours à se remettre du premier cours, mais après le deuxième, la machine est lancée, et j'ai trop envie de jouer le jeu à fond... C'est l'un de ces moments où c'est vraiment magique de vivre dans une langue étrangère. Quand Pr. Chris Catt se met à nous hurler
des choses que je ne comprends toujours pas, "High V shape ! Hips down ! Roll the hips ! Inside turn ! Backward roll ! Tiger roll !"... "And you jooooog it off!", mais que je réponds tout de même à tous ces ordres, ça m'fait vibrer.
-Stage Directing : un cours de mise en scène dans le théâtre-labo du campus... avec le même prof survolté. Mais comme il hurle pas et qu'il fait des phrases, je comprends mieux. Et d'ailleurs je me trouve plutôt bon.
-"Independant Studies : experiencing America through Dance and Theatre" : sous cet intitulé particulier, c'est un parcours libre que je réalise en très étroite collaboration avec Rusty, le professeur/directeur de la section danse. On a d'abord pensé à ce format de parcours notamment pour me servir de support à la rédaction de mon mémoire, et finalement ça sera l'occasion de déambuler et de découvrir les milles et unes merveilles de la danse et du théâtre à New York, dans les nombreuses spécalités du campus mais surtout dans les innombrables institutions de la City. Je vais me mettre une grosse pression pour faire le maximum de choses dans ce "cours", car Rusty est extrêment enthousiaste
à l'idée d'être ainsi mon tuteur et mon guide un peu partout où l'on décidera qu'il faut que j'aille. On a commencé à s'élaborer un programme de spectacles, et il m'a donné un paquet d'adresses et choses à faire pour explorer le monde du spectacle de NYC...

Blablabla, ce qui vous interresse certainement le plus sur ce College c'est la vie sur un campus américain. Fraternities, Sororities, Homecoming Queen/King, la vie du campus est une véritable culture à part (entière?) à laquelle nous nous
initions de notre mieux. Surtout que les étudiants du théâtre sont particulièrement à la pointe en matière de fête.
On peut vivre soit dans la grande tour de Harbor View (comme Paola), soit dans les immenses et démoniaques "Towers", soit dans les petites maisons réservées au Juniors et au Seniors
(les aînés). Je crois que l'endroit le plus fou du campus, c'est ces labyrinthesques Towers. J'ai dû y passer déjà trois nuits, et je suis toujours incapable de m'y repérer. Pour s'y déplacer, il faut emprunter d'immenses couloirs,
qui tournent en rond plusieurs fois autour d'eux-mêmes, monter des escaliers, traverser d'autres couloirs, descendre d'autres escaliers,...On finit par avoir le vertige, ne plus savoir son Nord de son Sud, son haut de son bas. Et c'est vrai que dans ces Towers, on finit souvent la tête à l'envers. La première fois, c'est Victoria, une petite comédienne survitaminée de ma classe qui nous a embarqués, Alice et moi, dans une ballade de deux heures dans les grands lieux des Towers, notamment les salons de la sororité Tau Kappa Sigma, d'autres fraternités, les chambres d'étudiants divers. Il y a aussi les Suites des équipes de sport, un autre genre de "privilège". Dès que le jour s'en va, les Towers s'animent d'un esprit de fête dément, ça court dans tous les sens, ça danse et ça chante. Je commence à me faire des amis charmants, je vais essayer de les prendre en photos en pleine activité afin de commencer mon étude sociologique.

Voilà, à part ça, mardi prochain je commence à dispenser mes cours de français à 10 élèves ! Si vous avez des idées ludiques pour animer ce genre de cours oral, n'hésitez pas...
J'avais pensé à les faire chanter en français ! Ces cours sont rémunérés 9$ de l'heure, ce qui me donne l'impression et la responsabilité de devenir un véritable professeur.
Voilà, nous sommes samedi, je vais prendre une douche et filer vers le MoMa ou la Performing Arts Librairy du Lincoln....
A bientôt!